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Le 08 mars inaperçu pour les casseuses des pierres

La journée du 08 mars, dédiée à la femme et célébrée sous le thème : « Les femmes dans un monde de travail en évolution : Une planète 50-50 d’ici 2030 »  est passé inaperçue pour les casseuses des pierres qui n’ont que leur marteau et des débris des moellons pour gagner leur pain quotidien. […]

La journée du 08 mars, dédiée à la femme et célébrée sous le thème : « Les femmes dans un monde de travail en évolution : Une planète 50-50 d’ici 2030 »  est passé inaperçue pour les casseuses des pierres qui n’ont que leur marteau et des débris des moellons pour gagner leur pain quotidien. Ces femmes de Kinsuka pêcheurs ont vécu de loin cette fête. Aucune structure d’encadrement des femmes n’a pensé à elles.

Chaque jour, au lever du soleil vers l’extrémité de la carrière Cari Gress, située dans la commune de Ngaliema, un nombre important de femmes, prend d’assaut ce coin de la ville pour se livrer à un dur labeur, celui de casser les débris des moellons qu’elle transforment en caillasse.

Sur le lieu, elles sont de tous les âges, à côté des enfants et autres hommes aussi, qui se chargent du gros de la journée. Ce sont eux, qui vendent ces débris de moellons à ces casseuses, dont le courage est à louer.

Déjà vers 7 heures, elles sont là. Et c’est Augustine, la cinquantaine révolue, enfoncée dans un pantalon couvert d’un pagne et d’un foulard pour se protéger contre la poussière qui se dégage, qui se livre au micro de KINSHASATIMES.CD.

Assise par terre, sous sa petite tente en feuilles, construite pour la circonstance, Augustine, marteau en main se met à l’œuvre, morcelle ces déchets de moellons. A ses côtés, un tas des pierres qu’elle doit morceler avant la fin de la journée. Jambes écartées, cette veuve aux allures timides, tape avec force sur les restes des moellons.

« Je ne peux pas rester sans rien faire. Je suis seule à élever mes enfants, voilà pourquoi, je m’adonne à ce travail. Car, c’est le seul moyen qui peut me permette d’envoyer mes enfants à l’école et de les nourrir », a t- elle déclaré.

Un peu plus loin, une autre femme pratiquement du même âge, attend que son fils lui ramène les débris de moellons pour les réduire en caillasses. En attendant, elle prend son petit déjeuner pour emmagasiner des forces, « car la journée sera longue », dit –elle, mais refusant de glisser un commentaire sur son travail.

Cependant, Kevin, son garçon va accepter de s’exprimer : « Pour le moment, j’ai arrêté mes études afin d’aider maman, aussi économiser afin de reprendre les études l’année prochaine. C’est dur, mais nous n’avons pas d’autre choix», a lâché ce garçon de 16 ans, à côté de sa maman.

Chaque matin, Kevin est obligé de descendre de bonne heure à la carrière pour acheter les débris de moellons à la carrière et les ramener à sa mère, qui finalement les morcelle en caillasses, avant de les proposer aux clients.

La vente est l’étape finale de ce lourd exercice, qui impose une bonne condition physique, que n’ont malheureusement pas ces femmes, obligées de s’y faire pour survivre. Et habituellement, les demandeurs de ce matériau descendent à la carrière.

Cependant, déplorent ces casseuses, le marché est de moins en moins fréquenté. Tout a ralenti depuis quelques mois. « Les clients préfèrent coopérer directement avec les usines de transformation», a lâché une casseuse, trouvée sur place, déplorant la présence des courtiers qui perturbent leur business.

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