La ministre des droits humains Marie-Ange Mushobekwa et le journaliste Rachel Kitsita Ndongo se contredisent sur la diffusion des photos de la visite de la ministre rendue à l’une des victimes de la marche du 31 décembre 2017 aux cliniques universitaires et de ce que qui s’est réellement passé dans la sale d’urgence. L’huile a été déjà jetée sur le feu. Ministre et journaliste se regardent en chiens de faïence et jettent un flou dans l’opinion publique.
Que s’est-il réellement passé dans la salle d’urgence aux cliniques universitaires ce 8 janvier? Le langage non-verbal peut pallier aux insuffisances du langage verbal déployé par ces deux communicants pour convaincre, afin de dissiper le brouillard autour de ce feuilleton.
Sur cette photo à la une de l’article, l’on peut remarquer que madame la ministre a des « sourcils froncés. » Bien des synergologues s’accordent sur le fait que, les sourcils froncés formant la lettre « V » au niveau du front, traduisent un affront, une « agressivité. »
Mais ce n’est pas suffisant pour attester « la torture » que Marie-Ange Mushobekwa aurait fait subir à Dorcas Makaya. Il faut à ceci ajouter le regard de la ministre. Il est fixé droit sur le front de la victime. N’eût été la tête de Dorcas penchée vers le bas de la gauche, on aurait eu droit à un axe y-y, ou les yeux dans les yeux. Le regard frontal ou les yeux dans les yeux traduit bien la domination, le défi, l’intimidation.
Il y a encore d’autres éléments : La position des bras de la ministre des droits humains. Ils sont croisés. Et c’est le bras droit qui est superposé sur le gauche. Une personne qui croise le bras gauche sur le droit, est sur la défensive. Et quand c’est le bras droit qui est superposé sur le gauche, l’interlocuteur est offensif.
En face, c’est une Dorcas Makaya qui, à cet instant précis, semble avoir fait une pause de la « rédaction de son papier. » Mais elle a un regard transfert. Elle préfère regarder son papier que regarder la ministre en face d’elle et qui sans doute sollicite une interaction visuelle en la regardant droit sur le front au lieu de regarder la feuille sur laquelle se passe l’action. Lorsque quelqu’un préfère regarder quelque chose qu’il manipule au lieu de regarder l’interlocuteur en face de lui, il exprime un mépris à l’égard de cet interlocuteur. Il ne l’apprécie pas.
Même n’appréciant pas la ministre, Dorcas Makaya se soumet à elle comme l’illustre clairement sa tête penchée vers la gauche.
Dans une courte vidéo, Rachel Kitsita Ndongo renie sa soit disante déclaration, mais garde le silence sur le fait d’avoir diffusé ces images exclusives contre sa promesse faite à Marie-Ange Mushobekwa. « Qui ne dit mot consent, » dit-on. Rachel Kitsita endosse la responsabilité de son acte en s’appuyant sur la constitution congolaise qu’elle tient en main et qui garantit la liberté d’expression.
Le papier a trahi
Le texte attribué à la journaliste Rachel Kitsita Ndongo sur les réseaux sociaux signifie que « la fille n’a pas pu écrire un long moment mais subitement, Madame (la ministre) sort un papier déjà rempli depuis son cabinet et remet à Dorcas avec un stylo pour lui demander de faire semblant d’écrire pour qu’on prenne des images, » une thèse qu’étaye en partie ce photo montage.
A gauche, Dorcas rédige des phrases qui forment un paragraphe oblique, une difficulté que rencontrent souvent les élèves habitués à écrire sur des feuilles de cahiers déjà tracées, lorsqu’il s’agit d’écrire sur un papier duplicateur tout blanc. Mais à droite, la jeune fille a un papier duplicateur aux phrases horizontales que le premier avec un stylo placé sur la dernière ligne de « son mot » au premier ministre, chose qui laisse planer l’ombre d’une mise en scène.
Par ailleurs, un autre papier en dessous du papier sur lequel signe la patiente est visible. L’impression que cela donne, la feuille sur laquelle signe Dorcas Makaya est une deuxième feuille superposée sur la première qu’elle avait commencée à édicter sans l’achever, comme le précise la déclaration attribuée à Rachel Kitsita Ndongo.


