Le général de brigade Pierre Banywesize a été arrêté à Kinshasa, jeudi 22 mai, par les services de renseignement militaire, selon des sources familiales. Cet ancien chef d’état-major particulier du président honoraire Joseph Kabila a été conduit vers une destination inconnue à l’issue d’une audition selon les mêmes sources. Du côté des autorités congolaises, aucune déclaration officielle n’a été faite jusqu’ici.
Affecté depuis plusieurs mois à Dungu, dans la province du Haut-Uélé, le général était de passage à Kinshasa. Selon ses proches, il attendait une autorisation de sortie du territoire pour suivre un traitement médical à l’étranger. “Il n’était pas en mission ni en cavale. Il s’était présenté de lui-même à une convocation. Quelques heures plus tard, il a disparu. Depuis, c’est le silence total”, dénonce un membre de la famille, qui s’oppose à une “manière de faire totalement contraire à l’État de droit”.
Figure discrète mais influente au sein du premier cercle de Joseph Kabila, Banywesize avait accompagné l’ancien président dans les moments les plus sensibles de son pouvoir. Son arrestation survient alors que plusieurs anciens cadres du système kabiliste font l’objet de pressions ou de procédures. “On assiste à un démantèlement progressif du réseau sécuritaire de Kabila. Ceux qui furent des piliers deviennent des cibles”, estime un analyste sécuritaire à Kinshasa. Une hypothèse que certains dans les cercles du pouvoir rejettent, évoquant plutôt “des dossiers individuels” et “non une stratégie politique”.
La famille du général dit “ne pas comprendre ce qui lui est reproché”. Elle affirme être “sans nouvelle de lui depuis sa convocation” et exprime une “inquiétude profonde quant à sa sécurité”. “Le général Banywesize a toujours servi avec loyauté et discipline. Il mérite des explications claires, pas un traitement clandestin”, martèle un proche du dossier. Les avocats de la famille n’ont, pour l’instant, reçu aucun acte officiel notifiant l’arrestation.

