L’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, doit s’adresser à la nation ce vendredi soir à 19h (heure locale), au lendemain de la levée de son immunité parlementaire par le Sénat. Cette prise de parole très attendue intervient dans un contexte politique tendu, alors que l’ex-chef de l’État est désormais exposé à des poursuites judiciaires pour des faits graves, dont trahison et participation à un mouvement insurrectionnel.
Le Sénat congolais a voté jeudi à une écrasante majorité (88 voix pour, 5 contre) en faveur de la levée des immunités de M. Kabila, sénateur à vie depuis la fin de son mandat en 2019. La décision ouvre la voie à une procédure judiciaire inédite contre celui qui a dirigé le pays pendant 18 ans. Le procureur général près la Cour de cassation l’accuse notamment d’avoir soutenu dans l’ombre les rebelles du M23, actifs dans l’Est du pays, ainsi que de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité.
Joseph Kabila avait initialement prévu de s’adresser à la nation depuis la ville de Goma, dans la province du Nord-Kivu, sous contrôle partiel du mouvement M23. Cette annonce avait suscité une vive réaction du gouvernement congolais, qui avait dénoncé une provocation et ordonné des poursuites judiciaires contre le sénateur à vie pour haute trahison. Face à la pression, l’ancien président avait suspendu son intervention, se retirant de Goma en catimini.
Le gouvernement congolais n’a pas réagi officiellement à l’annonce de cette nouvelle prise de parole. Des dispositifs sécuritaires renforcés ont été signalés à Kinshasa et dans plusieurs villes de l’Est. Plusieurs chancelleries occidentales appellent au calme et au respect des procédures judiciaires. L’intervention de l’ex-président sera retransmise sur les chaînes publiques et relayée en direct sur les réseaux sociaux officiels.

