Il aurait autorisé un virement de plusieurs millions de dollars au profit d’une société nouvellement créée, dirigée par des individus déjà ciblés par plusieurs soupçons, dans le cadre d’un nébuleux projet de construction de prison à Kisangani.
L’origine des fonds alimente encore davantage la controverse. Le transfert aurait été effectué à partir du Fonds de réparation et d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda en RDC (FRIVAO), une enveloppe censée servir à panser les plaies laissées par des années de conflit et à soutenir les victimes de la guerre. Au lieu de cela, une partie de ce fonds crucial aurait été redirigée vers une entreprise sans historique ni crédibilité, dans un projet qui soulève de nombreuses zones d’ombre.
Le parquet, saisi de l’affaire, souhaite désormais entendre Constant Mutamba. Le procureur général, selon des sources judiciaires, aurait demandé des explications formelles à celui que l’on surnomme déjà la “jeune étoile du gouvernement”. Cette demande intervient alors que plusieurs ONG et parlementaires expriment leur inquiétude quant à la gestion opaque des ressources destinées aux réparations.
Du côté du cabinet Mutamba, silence radio. Ni le ministre, ni son équipe n’ont réagi publiquement aux révélations. Mais dans les couloirs de Kinshasa, le malaise est palpable. Ce scandale pourrait bien ternir l’image de renouveau et de rigueur que le gouvernement Suminwa tente d’incarner depuis sa mise en place.
Alors que la justice s’apprête à démêler les fils d’une affaire mêlant argent public, sociétés fictives et promesses de justice réparatrice, une question s’impose : jusqu’où la lumière sera-t-elle faite sur ce virement douteux au cœur d’un projet carcéral devenu symbole de défiance ?

