Cette rencontre s’inscrit dans un contexte marqué par la recrudescence des conflits dans l’Est de la RDC, qui a contraint de nombreux défenseurs des droits humains à se réfugier dans la capitale. Ces acteurs de la société civile arrivent souvent à Kinshasa sans soutien ni abri sécurisé, exposés à des risques importants pour leur sécurité, leur dignité et leur santé mentale.
Le programme PIR-DDH vise à offrir une réponse coordonnée, intégrée et respectueuse de leur dignité, en combinant protection physique, assistance psychosociale et juridique, sécurité numérique et sensibilisation au genre et aux traumatismes.
Lors de cette audience, Anny Modi a insisté sur la responsabilité de l’État envers ces citoyens déplacés : « Nous ne pouvons pas continuer à œuvrer seuls, car ce sont des citoyens congolais et ils sont à la charge de l’État. Nous sommes satisfaits que Son Excellence Monsieur le Ministre ait pris de son temps pour nous écouter, mais aussi les DDH de Goma, de Bukavu et de l’Ituri, qui se trouvent en situation de dépendance à Kinshasa pour des raisons de sécurité. » Elle a également exprimé sa gratitude pour les échanges fructueux et pour l’instruction donnée par le ministre à ses équipes afin de collaborer avec Afia Mama pour améliorer les conditions de vie des bénéficiaires.
Le programme PIR-DDH comprend la création de refuges sécurisés et de relocalisations d’urgence intra-Kinshasa, un accompagnement psychosocial, incluant thérapies, art-thérapie et sport-thérapie, ainsi que la distribution de kits de dignité, une assistance juridique en partenariat avec KTF Lawyers, et la mise en place de mesures de sécurité numérique avec formations, kits et serveur chiffré. Le dispositif prévoit également une coordination étroite avec les partenaires locaux et internationaux, ainsi que des actions de plaidoyer pour l’application de la Loi n°23/027 sur la protection des défenseurs des droits humains.
Le ministre Samuel Mbemba a accueilli favorablement cette initiative et a exprimé sa volonté de mettre en place une coordination conjointe pour renforcer la protection des défenseurs des droits humains. Parmi les priorités à court terme évoquées figurent l’obtention d’un appui politique pour l’adoption officielle du modèle PIR-DDH comme mécanisme national, la couverture des soins médicaux et psychosociaux des défenseurs hébergés, l’organisation de transports et escortes sécurisées pour leurs relocalisations, et le renforcement du cadre institutionnel de coordination avec voies d’orientation intégrées.
Pour Anny Modi, le programme montre qu’une approche intégrée, coordonnée et sensible au genre et aux traumatismes est possible en RDC, et qu’il est essentiel que l’État et les partenaires locaux travaillent main dans la main pour protéger ceux qui défendent les droits humains. Elle a conclu : « Protéger celles et ceux qui défendent les droits humains ne doit jamais constituer un risque pour leur vie. »
Le programme pilote, financé par l’Ambassade d’Allemagne, prendra fin le 31 décembre 2025, et Afia Mama espère que le gouvernement pourra s’en approprier officiellement, garantissant ainsi la continuité et l’élargissement de cette protection indispensable pour les défenseurs déplacés de l’Est de la RDC.

