Une messe de requiem a été célébrée à l’esplanade du Palais du Peuple, en présence de plusieurs personnalités, dont le ministre congolais des Droits humains, Me Samuel Mbemba, des déplacés de guerre, des rescapés, ainsi que des notabilités du Kivu venues témoigner leur solidarité.

L’atmosphère, lourde d’émotion, a été marquée par les prières et les chants en mémoire des millions de Congolais tombés dans les atrocités attribuées à l’armée rwandaise dans l’Est du pays. Après la messe, une série d’allocutions officielles a permis de rappeler l’ampleur de la tragédie et l’urgence d’obtenir justice.
Dans son intervention, le ministre Samuel Mbemba est revenu sur ce qu’il a qualifié de « triple reconnaissance » du génocide qui aurait coûté la vie à plus de dix millions de Congolais. Il a évoqué la reconnaissance nationale par l’Assemblée nationale, la reconnaissance continentale par la Cour africaine, ainsi que la perspective d’une reconnaissance internationale, encore attendue mais jugée indispensable pour la mémoire et la justice.
De son côté, Innocent Rugero, président du Conseil d’administration de CVAR ONGDH, a lancé un appel renouvelé à la création d’un Tribunal spécial chargé de juger les crimes commis dans l’Est de la RDC. Il a insisté sur le fait que la démarche du collectif ne relève pas de la vengeance, mais d’une quête de justice, de vérité et de réparation pour les victimes. Il a également appelé à une défense collective et solidaire des droits des victimes, ainsi qu’à la promotion des droits humains.
La cérémonie a été ponctuée de témoignages profondément bouleversants de déplacés et de rescapés de la guerre d’agression. Des images illustrant l’horreur vécue dans l’Est du pays ont été exposées, rappelant avec force la souffrance quotidienne de populations abandonnées aux violences. Une interpellation visuelle qui vise à raviver la conscience nationale et à mobiliser davantage de Congolais autour de la mémoire de leurs compatriotes massacrés.
Cette journée de recueillement, empreinte de douleur mais aussi d’espoir, a réaffirmé la détermination des victimes et de leurs défenseurs à poursuivre le combat pour une justice effective et pour la reconnaissance du GENOCOST.

