Se présentant comme un jeune patriote engagé, l’auteur dénonce une paix négociée loin des victimes et construite sans les communautés qui subissent quotidiennement la guerre. Doha, Washington, Luanda : autant de capitales où l’avenir de l’Est se discute, mais sans la voix des notables locaux, des leaders communautaires et des populations meurtries. Pour KIMBA Kangolingoli Ferdinand, exclure ces acteurs revient à signer d’avance l’échec de toute initiative de pacification.
Le texte fustige également l’effacement total des Wazalendo dans les processus diplomatiques en cours. Leur engagement sur le terrain, leurs sacrifices et leur enracinement populaire sont ignorés, alors qu’ils constituent une force réelle face à l’agression. Cette mise à l’écart, prévient-il, nourrit frustration, colère et défiance envers l’État, dans une région déjà profondément fragilisée.
Plus grave encore, l’auteur s’inquiète du flou entourant la Réserve Armée de la Défense. Mal financée, mal structurée et sans vision stratégique claire, la RAD apparaît comme une source de désordre plutôt que comme un outil de stabilisation. À défaut d’un encadrement sérieux, elle risque d’exposer la jeunesse engagée à des dérives dangereuses pour l’avenir du pays.
Dans un passage particulièrement incisif, KIMBA Kangolingoli Ferdinand appelle le pouvoir à regarder la réalité en face : le M23 n’est pas un mythe ni une simple rébellion congolaise, mais une machine soutenue par le Rwanda. Taire cette vérité, selon lui, revient à trahir les victimes et à saboter toute perspective de paix durable. « On ne réconcilie pas un pays sur le mensonge », martèle-t-il en substance.
Cette lettre ouverte se veut un électrochoc politique. Elle rappelle que l’histoire retiendra ceux qui auront eu le courage d’écouter le peuple, de dire la vérité et d’associer toutes les forces vives de la Nation à la recherche de la paix. Un cri d’alarme, mais aussi un appel à l’honneur, lancé au sommet de l’État pour que la RDC cesse de négocier sa paix sans ses propres enfants.

