Selon les chiffres communiqués, le Burundi accueille actuellement près de 250 000 réfugiés congolais répartis dans sept sites. Le plus grand, celui de Busuma, concentre à lui seul environ 67 000 Congolais, dont près de 30 000 enfants. Les conditions de vie y sont décrites comme extrêmement précaires, marquées par l’insuffisance de nourriture, de soins de santé et d’infrastructures de base. La ministre a également signalé la présence de milliers d’enfants non accompagnés, exposés à de multiples vulnérabilités.
En Tanzanie, la situation n’est guère plus rassurante. Le pays héberge environ 87 000 réfugiés congolais, dont près de 50 000 enfants âgés de zéro à moins de 18 ans. Fait particulièrement marquant, Ève Bazaiba a révélé que 28 naissances ont été enregistrées en une seule journée lors de la présence de la délégation congolaise, illustrant la pression démographique et humanitaire qui pèse sur les camps.
La ministre a rappelé que ces déplacements massifs de populations ne sont ni le fruit de la misère économique ni de catastrophes naturelles, mais la conséquence directe des hostilités persistantes dans l’Est de la République démocratique du Congo, notamment liées à l’agression rwandaise dénoncée par Kinshasa. Elle a souligné que, malgré les principes du droit humanitaire international qui limitent l’intervention directe du pays d’origine auprès de ses ressortissants réfugiés, des dérogations exceptionnelles ont été accordées, à la demande des pays d’accueil, afin de répondre à l’urgence humanitaire.
Cette mission, autorisée par la Première ministre, a permis l’acheminement d’une aide composée de vivres et de non-vivres, dans un contexte international rendu plus difficile par la réduction de l’aide humanitaire de plusieurs grands donateurs. Cette baisse de financement a transféré une lourde charge aux pays d’accueil, eux-mêmes confrontés à des contraintes économiques importantes.
Au-delà des chiffres et des actions humanitaires, Ève Bazaiba a évoqué la forte charge émotionnelle de cette mission. Elle a relaté des moments poignants, notamment lorsque les réfugiés ont entonné l’hymne national congolais, souvent en larmes, témoignant d’un attachement profond à leur patrie malgré l’exil et la souffrance.
Le gouvernement congolais réaffirme ainsi son engagement à assister ses compatriotes en détresse et à œuvrer pour la création de conditions favorables à leur retour volontaire et digne en République démocratique du Congo. Un défi humanitaire majeur qui interpelle non seulement l’État congolais, mais aussi la communauté internationale.

