D’après des témoignages recueillis sur place, les agents ont été instruits de retirer leurs uniformes sur leurs différents postes et de ne plus apparaître publiquement comme personnels de sécurité. « Nous devons enlever nos tenues et rester en civil. Il ne faut plus être visibles », confie un employé sous anonymat. Les consignes iraient plus loin : retrait des logos sur les véhicules et motos, interdiction d’arborer tout insigne distinctif, conservation discrète du matériel de communication. « Même nos voitures doivent être débarrassées de toute identification. C’est comme si on nous demandait de disparaître », explique un responsable d’entreprise.
Les sociétés concernées auraient également été sommées d’informer leurs partenaires et clients de la suspension de leurs services. Banques, ONG, commerces et institutions publiques ou privées, déjà confrontés à un environnement sécuritaire fragile, se retrouvent face à un vide soudain. Cette situation intervient dans un contexte régional marqué par une instabilité persistante dans l’est de la République démocratique du Congo.
Selon certaines indiscrétions, la mesure serait attribuée aux services de sécurité de l’AFC-M23, qui exerce actuellement le contrôle sur Goma, Bukavu et plusieurs territoires environnants. Aucune communication officielle n’a toutefois été rendue publique à ce stade.
Toujours d’après des sources locales, chaque entreprise aurait été invitée à verser 50 000 dollars américains pour être autorisée à poursuivre ses activités. Une exigence jugée irréaliste par de nombreux patrons. « L’activité est déjà au ralenti. Nous n’avons pas cette somme », déplore un gérant. Par ailleurs, les sociétés dont les propriétaires ne seraient pas physiquement présents dans la zone contrôlée seraient menacées de fermeture immédiate, une mesure qui viserait particulièrement les entreprises dirigées à distance.
Dans les quartiers de Goma, l’inquiétude est palpable. Des centaines de familles dépendent de ces emplois précaires. « Si la société ferme, je n’ai aucune autre source de revenus », confie un agent. Entre silence officiel, pression sécuritaire et incertitude économique, le secteur du gardiennage retient son souffle, dans l’attente d’éventuelles clarifications.

