Selon plusieurs sources locales, les utilisateurs peuvent à nouveau passer et recevoir des appels ainsi que se connecter à internet. Le rétablissement du signal a également été confirmé dans certaines zones du sud du territoire de Lubero, tandis que la reconnexion se poursuit progressivement dans le territoire voisin de Masisi.
Pour rappel, les réseaux Airtel et Orange, suivis ensuite par Vodacom, avaient été brutalement interrompus depuis le 19 janvier 2026 dans les territoires de Rutshuru et Masisi, ainsi que dans plusieurs localités de Nyiragongo, Lubero et Walikale. Cette interruption prolongée avait plongé des milliers d’habitants dans un isolement numérique sans précédent, affectant aussi bien les communications personnelles que les activités économiques et humanitaires.
À ce stade, aucune explication officielle n’a été fournie quant aux causes exactes de cette coupure massive. Toutefois, le retour partiel des services laisse entrevoir une normalisation progressive du réseau dans la région, même si des défis techniques et sécuritaires pourraient encore ralentir le processus.
Dans un contexte déjà marqué par une forte instabilité sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo, la question des télécommunications a récemment pris une dimension diplomatique. Le gouvernement congolais a accusé le réseau mobile MTN Rwanda de couvrir certaines zones sous contrôle du mouvement rebelle M23, une situation jugée préoccupante pour la souveraineté et l’intégrité territoriale du pays.
Kinshasa a même évoqué la possibilité de saisir des instances internationales. Sur le terrain, cette situation a favorisé un commerce informel de cartes SIM rwandaises, vendues entre 10 000 et 12 000 francs congolais, selon plusieurs notables locaux qui dénoncent une dérive inquiétante.
Jusqu’à présent, ni les autorités rwandaises ni l’Alliance Fleuve Congo, à laquelle est affilié le M23, n’ont officiellement réagi à ces accusations.
Le rétablissement progressif des réseaux dans plusieurs zones du Nord-Kivu constitue néanmoins une bouffée d’oxygène pour les populations locales, qui espèrent désormais un retour durable à la normale dans un environnement encore fragile.

