Journalistes, représentants des services publics, acteurs de la société civile, militants des droits humains, agences onusiennes et personnes déplacées internes, majoritairement des épouses de militaires, ont pris part à cette rencontre. Tous ont convergé vers un même constat selon lequel les femmes déplacées continuent de vivre en marge des dispositifs d’assistance, malgré leur vulnérabilité accrue.
Au centre des discussions, une étude menée par Brave TV, avec l’appui du CORACON, a révélé une réalité alarmante dans les camps de Kibangu et d’OSACAF. Difficultés économiques persistantes, accès limité aux ressources de base et conditions sanitaires déplorables rythment le quotidien de ces femmes. L’absence d’infrastructures adaptées et la mauvaise qualité de l’eau exposent plusieurs d’entre elles à des infections graves, parfois mortelles, en l’absence de prise en charge médicale.
Les témoignages recueillis lors de la séance ont renforcé ces constats, mettant en lumière des cas récurrents de harcèlement et d’abus, notamment lors de la recherche de logement ou dans les tentatives de lancer des activités génératrices de revenus. Ces pratiques, dénoncées par les participantes, traduisent un environnement urbain encore peu inclusif et parfois hostile à leur égard.
Par ailleurs, un autre défi majeur a été soulevé. Celui d’information. Des programmes de gratuité des soins, pourtant mis en place en faveur des femmes déplacées, restent largement méconnus par les bénéficiaires. Une situation qui interroge l’efficacité des mécanismes de communication entre les acteurs humanitaires et les populations ciblées.
Du côté des autorités provinciales, des inquiétudes ont été exprimées quant au manque de sensibilisation sur les risques sanitaires auxquels ces femmes sont exposées. Toutefois, un appel à renforcer les synergies entre le gouvernement et les partenaires humanitaires a été lancé, dans l’optique d’améliorer les conditions de vie dans les sites de déplacés.
Au-delà des réponses immédiates, une conviction s’impose : seule une paix durable permettra de mettre fin à cette précarité en offrant aux déplacés la possibilité de regagner leurs milieux d’origine. En attendant, les femmes déplacées de Beni continuent de porter, dans le silence ou la résilience, le poids d’une crise prolongée qui exige des réponses urgentes et adaptées.

