Invité du journal télévisé de TV5 Monde ce mercredi 28 janvier 2026, l’ancien Premier ministre de la République démocratique du Congo, Matata Ponyo Mapon, a livré une critique sévère et sans détour de l’actuel régime en place à Kinshasa. Dans une intervention très remarquée, l’ex-chef du gouvernement a établi un lien direct entre l’insécurité persistante dans l’Est du pays et ce qu’il qualifie de mauvaise gouvernance au sommet de l’État.
Selon Matata Ponyo, la recrudescence des rébellions armées en RDC trouve sa source dans la faiblesse de l’État et dans une gestion défaillante des ressources publiques. « Jamais le pays n’a connu autant de détournements de fonds qu’aujourd’hui », a-t-il affirmé, évoquant une corruption généralisée qui, selon lui, mine les institutions et fragilise la cohésion nationale.
Sur le plan judiciaire, l’ancien Premier ministre s’est dit victime d’un acharnement politique, affirmant être poursuivi pour avoir refusé de collaborer avec le pouvoir en place. Il a dénoncé un procès qu’il juge partial, allant jusqu’à remettre en cause l’indépendance de la justice dans son dossier.
Des propos qui relancent le débat sur l’impartialité du système judiciaire congolais, souvent critiqué par l’opposition et la société civile.
Matata Ponyo n’a pas épargné le président Félix Tshisekedi, qu’il accuse de gouverner au profit de ses proches, de sa famille et de son entourage.
Il décrit un gouvernement composé, selon lui, de personnes « corrompues », davantage préoccupées par leurs intérêts personnels que par le bien-être de la population.
Malgré ces accusations, l’ancien Premier ministre a annoncé son intention de rentrer prochainement en RDC, affirmant vouloir « laver son honneur » devant le peuple congolais.
Une déclaration qui pourrait rebattre les cartes sur l’échiquier politique national.
Le sénateur Matata Ponyo a élargi son propos à l’échelle continentale, estimant que l’Afrique souffre d’un déficit de leadership. Selon lui, de nombreux dirigeants ont remplacé la vision et le sens de l’État par la recherche d’enrichissement personnel, « des leaders qui travaillent pour leurs ventres ».
Une sortie médiatique forte, qui ne manquera pas de susciter réactions et controverses, tant au sein de la classe politique congolaise que dans l’opinion publique.

