Selon un rapport présenté par la société civile, 11 721 personnes ont été tuées en l’espace d’une année dans les zones dites « libérées » par les éléments du M23. À ce bilan humain déjà alarmant s’ajoutent 2 121 cas de viol, ainsi que de nombreux cas de déplacements forcés, arrestations arbitraires, actes de torture et autres violations graves des droits humains.
Ce rapport a été lu par Maître Patient Bashombe lors de la commémoration du premier anniversaire de la prise de Goma par l’AFC/M23. Il met également en lumière un important pillage des ressources naturelles de l’Est de la République démocratique du Congo. En moyenne, huit camions transportant des minerais, notamment de l’or et de la cassitérite, traverseraient chaque jour la frontière vers le Rwanda, en provenance des territoires de Masisi au Nord-Kivu et de Lomera au Sud-Kivu. À cela s’ajoutent deux hélicoptères par semaine utilisés pour le transport de minerais.
Sur le plan économique, la société civile évoque des taxes et impôts détournés, ainsi que des recettes perçues par des services illégaux, dont le montant pourrait atteindre près de 40 millions de dollars américains, transférés vers le Rwanda. Par ailleurs, environ 11 millions de dollars auraient été collectés au niveau de la REGIDESO et de la SNEL, des services où le mouvement aurait installé ses propres animateurs.
Le rapport souligne également une crise humanitaire majeure, avec près de deux millions de personnes déplacées, ainsi que de nombreux actes de pillage de véhicules et de destructions volontaires. Des hôpitaux, salles de classe et autres édifices publics ont été incendiés ou détruits, pour un total de 117 cas documentés.
En conclusion, la société civile affirme que ce rapport illustre l’ampleur des violations systématiques des droits humains depuis l’occupation de Goma par l’AFC/M23. La présentation de ce document s’est déroulée en présence du ministre congolais de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement, ainsi que de plusieurs acteurs de la société civile et de victimes directes de la guerre, venues témoigner de leurs souffrances.
Un appel pressant a été lancé à la communauté nationale et internationale afin que justice soit rendue aux victimes et que des mesures urgentes soient prises pour mettre fin à l’impunité et aux exactions dans l’Est de la RDC.

