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Nord-Kivu : la société civile tire la sonnette d’alarme et réclame une évaluation des opérations Shujaa

Réunies mardi 3 février 2026 à Beni, les Forces vives du Nord-Kivu ont exprimé une vive inquiétude face à la dégradation continue de la situation sécuritaire et humanitaire dans la province. Près de cinq ans après le lancement des opérations conjointes Shujaa menées par les FARDC et l’UPDF, la société civile estime qu’une évaluation approfondie de ces actions militaires s’impose.

Dans leur déclaration, les Forces vives dénoncent la persistance des violences contre les populations civiles, notamment les enlèvements, assassinats ciblés, recrutements forcés et destructions de biens. Ces exactions sont attribuées en particulier aux groupes armés M23/AFC et ADF, toujours actifs dans plusieurs zones. Depuis le début de l’année 2026, plus de 67 civils auraient été tués dans les territoires de Lubero et de Beni, selon les chiffres avancés par la société civile.

Face à ce bilan jugé alarmant, les Forces vives appellent les autorités congolaises à renforcer les capacités opérationnelles des forces de sécurité et à améliorer la protection des civils. Elles insistent également sur la nécessité d’une mobilisation urgente de l’aide humanitaire pour répondre aux besoins croissants des populations déplacées et affectées par le conflit.

La société civile plaide par ailleurs pour une implication plus soutenue des partenaires internationaux dans la recherche de solutions durables à la crise sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo. Dans cette dynamique, une session de renforcement de l’engagement communautaire pour la paix est prévue du 4 au 5 février 2026 à Beni, avec l’appui de la MONUSCO, afin de promouvoir le dialogue, la cohésion sociale et la participation des communautés locales aux efforts de stabilisation.

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