Dans ce document signé à Kinshasa le 1er mars 2026 par le Professeur Émérite Raphael Nyabirungu mwene Songa, son Président National , l’Association Culturelle IGISENGE ASBL-RDC soutient que le Hutu congolais parle le « Kihutu », au même titre que d’autres communautés du pays parlent la langue correspondant à leur identité ethnique : Kikongo, Kiléga, Kikusu, Tshiluba, Kinande, parmi les nombreuses langues des quelque 450 ethnies que compte la RDC.
Le communiqué replace la question dans une perspective historique. Il rappelle que la Conférence de Berlin de 1885 a entraîné un découpage de l’Afrique par les puissances coloniales, séparant des peuples et redéfinissant des territoires sans tenir compte des réalités socioculturelles. Au moment des indépendances, le principe de l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation a été adopté, consacrant ainsi la dispersion de certaines communautés à travers plusieurs États.
C’est ainsi que les Hutu se sont retrouvés répartis entre le Rwanda, le Burundi, la RDC, l’Ouganda et la Tanzanie. Selon le communiqué, la langue bantoue parlée par cette communauté a pris des appellations différentes selon les pays : Kinyarwanda au Rwanda, Kihutu en RDC, Kirundi au Burundi, Kifumbira en Ouganda et Giha en Tanzanie.
IGISENGE ASBL-RDC rend également hommage à Patrick Muyaya, saluant son intervention récente devant la communauté congolaise du Canada, où il a exposé ces éléments historiques, contribuant, selon l’Association, à la cohésion et à l’unité nationale.
Pour étayer sa position, le communiqué évoque deux faits historiques : la reconnaissance, dès le début du XXe siècle, du chef coutumier hutu Mwami Ndeze Rugabo II par l’autorité coloniale belge, ainsi que la participation des Hutu à la Table ronde de Bruxelles de 1960 aux côtés d’autres Congolais engagés pour l’indépendance.
L’Association précise par ailleurs qu’elle n’a ni mandat ni compétence pour se prononcer sur l’appellation des langues d’autres communautés vivant en RDC.
Dans ce même document, IGISENGE ASBL-RDC affirme que sa démarche se veut un message de paix et de vérité, mettant en garde contre toute tentative de stigmatisation, d’exclusion ou de division. Le communiqué rappelle que tous les Congolais sont « les enfants du même Père, le Congo », reprenant la formule de Paul VI selon laquelle « nous sommes tous des frères ».

