Lors d’une conférence de presse tenue au siège du Ministère, le Ministre sortant des Médias et Porte-Parole du Gouvernement, Lambert Mende et le Porte-Parole de la Police Nationale Congolaise, le Colonel Pierrot Mwana-Mputu, se sont adressés aux patrons des médias spécialement invités. Pour la toute première fois, la vidéo de l’assassinat des deux experts de l’ONU a été projetée aux médias. Dans un article séparé, KINSHASATIMES.CD vous donne des plus amples détails sur la vidéo.

La conférence s’est déroulée en deux temps, avec un tableau de la situation sécuritaire dans le Grand Kasai peint par Mende en introduction et une présentation d’une série de trois vidéos dont celle de l’assassinat des experts de l’ONU.

Le Ministre Mende a loué les efforts de la Police Nationale et des Forces Armée de la République Démocratique du Congo (FARDC) dans la lutte contre ceux qu’il a qualifiés de « terroristes » de Kamuina Sapu. Il a rappelé les atrocités commises par ces terroristes : décapitation et/ou mutilation des 39 éléments de la police, décapitation de la femme de l’Administrateur du Territoire de Luebo le 31 mars 2017, fusillade des deux experts de l’ONU Michael Sharp et Zaida Catalan suivie de la décapitation de Catalan et décapitation du Chef d’Antenne de la CENI…

Tout en reconnaissant quelques excès dans la réaction du gouvernement face à cette terrorisme, Mende a nuancé que le recours au renfort de l’armée régulière en cas de débordement de la police est une pratique mondialement acceptée. Il a fustigé les critiques formulées contre le gouvernement congolais par le Bureau Conjoint des Nations Unies aux Droits de l’Homme (BCNUDH) et d’autres donneurs de leçons qui attribuent à l’armée congolaise l’entière responsabilité des événements dans le Kasai.

« Certains de nos partenaires et le Bureau Conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme se permettent de critiquer régulièrement le fait que les militaires soient déployés pour appuyer la police dans ce genre de situation, sans prendre la peine de vérifier si la loi et le règlement ont été respectés. Cette leçon est d’autant plus curieuse qu’elle n’est donnée qu’à la seule RDC alors que beaucoup d’autres pays les font sans s’attirer les foudres de ces donneurs de leçons. Et en tout état de cause, ces donneurs de leçon n’indiquent pas la structure autre que celle militaire à laquelle ils conseilleraient à la RDC de recourir en cas de débordement de la police nationale congolaise, à moins que leur objectif ne soit non pas de stabiliser la RDC, mais de la plonger dans le chaos », s’est plaint Mendé.

Le Ministre Mende a lancé un appel aux patrons de médias de se lever contre toute instrumentalisation de la violence comme moyen de revendication.

« Il nous faut une union sacrée des médias contre toute instrumentalisation de la violence »

Rebondissant sur la communication de la Conférence Episcopale Nationale Congolaise (CENCO) du 20 avril 2017, Mende s’est plaint de ce que les prélats aient qualifié de « milices se réclamant de Kamuina Sapu » les auteurs de violence dans le Kasai. Une milice, a rappelé le Porte-Parole du Gouvernement, est une force qui appuie une armée régulière. Ce qui n’est pas le cas de Kamuina Sapu.

Mende a par ailleurs regretté que la CENCO ait exigé une enquête « indépendante et objective », insinuant de ce fait que la RDC la justice congolaise n’était ni objective nit indépendante. Il a enfin reprouvé que la CENCO qualifie de « problème social dont la solution ne nécessite pas le recours à l’armée ». Pour Mende, le terrorisme qui sévit dans le Kasai est une ne constitue pas une forme de revendication sociale mais plutôt une source d’instabilité à éradiquer.