Depuis mardi 7 janvier, une baisse significative du prix du poisson chinchard, communément appelé « Mpiodi », est constatée à Kinshasa. Annoncée par le ministère de l’Économie, cette diminution intervient dans un contexte de lutte contre la vie chère, particulièrement pressante pour la population de la capitale congolaise.
Dans plusieurs chambres froides de la ville, le carton de 20+ est passé de 222 000 francs congolais (78 USD) à 180 000 francs congolais (68 USD), soit une réduction notable de 42 000 francs congolais. Pour le carton de 18+, le prix a également baissé de 68 USD à 58 USD.
À l’avenue Lopori, dans la commune de Kasa-Vubu, un gérant de chambre froide confirme la baisse. « Nous appliquons une réduction de 30 000 francs par carton. Par le passé, une rame de 20+ se vendait à 78 USD. Aujourd’hui, elle est à 68 USD. » Ces propos sont corroborés dans la commune de Selembao, où une commerçante, Mme Safi, salue l’impact positif pour les ménages mais appelle à un élargissement des mesures à d’autres produits alimentaires.
Cette réduction des prix résulte des réformes économiques initiées par le gouvernement de Judith Suminwa. Fin 2024, celui-ci avait suspendu la TVA et réduit les taxes sur huit produits alimentaires essentiels, notamment le poisson frais, le lait et le riz. Ces mesures, destinées à soulager les consommateurs face à l’inflation galopante, commencent à produire leurs effets.
Pour les observateurs, ces baisses sont encourageantes, mais elles ne suffisent pas à répondre aux besoins d’une population encore largement précarisée. « Les efforts doivent s’étendre à d’autres secteurs, car le pouvoir d’achat des Congolais reste très faible », insiste Mme Safi.
Le gouvernement congolais, de son côté, affirme vouloir maintenir la vigilance. Daniel Mukoko Samba, ministre de l’Économie nationale, avait déjà appelé à « une implication active de la société civile » pour assurer la pérennité des mesures.
Alors que Kinshasa continue de faire face à une flambée des prix généralisée, ces premières diminutions apportent une bouffée d’oxygène à des ménages épuisés par la crise économique.