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L’Union européenne s’engage aux côtés de la RDC et presse le retour à la table des négociations

Devant la presse ce vendredi 30 mai à Kinshasa, la délégation des parlementaires européens, conduite par Hilde Vautmans, co-présidente de la délégation Afrique-Europe du Parlement européen a réaffirmé son soutien à la République démocratique du Congo. A 15h58 précises, les parlementaires de l’Union européenne  font leur entrée dans le salon feutré du bâtiment qui abrite le […]

Devant la presse ce vendredi 30 mai à Kinshasa, la délégation des parlementaires européens, conduite par Hilde Vautmans, co-présidente de la délégation Afrique-Europe du Parlement européen a réaffirmé son soutien à la République démocratique du Congo.

A 15h58 précises, les parlementaires de l’Union européenne  font leur entrée dans le salon feutré du bâtiment qui abrite le siège de l’UE au centre-ville de Kinshasa. L’atmosphère est chaleureuse et studieuse. Ils sont impatients d’échanger avec la presse locale et internationale.

Arrivée mercredi soir, la délégation du Parlement européen, affichait un objectif clair : inscrire l’UE comme un partenaire le plus fiable de la République démocratique du Congo.   Face aux questions sur la présence de l’armée rwandaise à l’Est et le fléau du M23, ils ont condamné fermement toute ingérence étrangère, réclamé un accès humanitaire sans entrave et appelé les belligérants à reprendre les pourparlers sous l’égide de l’accord-cadre d’Addis-Abeba.

Autour d’une table, la délégation a souligné l’urgence de consolider la paix. « On était le premier à condamner la présence de l’armée rwandaise sur le territoire de votre pays », a lancé Madame Vautmans, d’une voix solennelle, tout en rappelant la nature écoutante de leur mission.  « L’objectif de la présence de notre mission était principalement d’écouter et échanger de manière franche dont le but est également de réaffirmer haut et fort que l’Union européenne est solidaire avec le peuple congolais », a-t-elle déclaré.

Le ton est monté lorsque madame Vautmans a abordé la crise humanitaire du Kivu. « La paix, la sécurité et la stabilité sont des conditions préalables d futur stable de la RDC », a-t-elle insisté. Elle a égrené la longue liste des exactions  attribuées au M23, notamment, agressions sexuelles, assassinats arbitraires, déplacement forcé.   « Nous condamnons forcément et sans relâche les actions du M23 soutenu par le Rwanda et nous dénonçons leur tentative persistante de déstabilisation de la RDC », a-t-elle martelé.

La cheffe de la délégation a salué le ministre de l’Intérieur pour ses efforts visant à garantir un acheminement sans entrave de l’aide, et a exhorté les belligérants à « cesser immédiatement hostilités ». Elle a plaidé pour la mise en œuvre des couloirs sécurisés pour les civils et les ONG. « Il est indispensable d’atténuer la souffrance humaine », poursuit-elle et d’ajouter : « En parallèle, nous sommes venus rencontre le peuple de la RDC avec un message clair pour leur réconciliation et la paix durable. Nous invitions toutes les parties impliquées dans ce conflit à revenir à la table de négociation établit par l’accord-cadre d’Addis-Abeba ».

La conférence de presse s’est ensuite recentrée sur l’avenir économique de la RDC. Interrogée par Kinshasa Times sur l’exploitation des minerais, madame Vautmans a mise en garde contre les risques d’accords opaques avec des puissances  extérieures.

« On voit très bien que dès le moment où tu conclues le Mou (protocole entre l’UE et la RDC), ce n’est pas encore mis en route, ce n’est pas du tout très facile. Deuxième chose, au Parlement européen, on est aussi très inquiet par l’Europe que la Chine joue pour le monde. Et au Congo et en Afrique, on parle aussi de ça. On est aussi inquiet par les accords qui peuvent être conclus avec le président Trump. On est très inquiet parce qu’ici, nous, on a vraiment demandé au gouvernement, aux différents ministres, de regarder une stratégie pour que la richesse de votre pays puisse bénéficier à vos peuples », a-t-elle notifié.

Elle a ainsi appelé à l’élaboration d’une stratégie nationale qui assure transparence et redistribution équitable des revenus miniers. La délégation a insisté pour que les vastes ressources minières de la RDC profitent avant tout à sa population.

Enfin, la délégation a réaffirmé son soutien à l’accord-cadre d’Addis-Abeba, considéré comme le cadre le plus inclusif pour relancer le processus de paix. « Nous invitions toutes les parties à revenir sans délai à la table de négociation », a conclu Hilde Vautmans, rappelant que la démobilisation et la réintégration des combattants constituent « les pierres angulaires de toute pacification durable ».

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