Le gouverneur de la ville-province de Kinshasa, Daniel Bumba, est désormais sous forte pression politique. Il fait l’objet de deux mission d’audit et d’une interpellation officielle à l’Assemblée provinciale de Kinshasa (APK) dans le cadre de l’évaluation à mi-parcours de la politique générale de son gouvernement provincial.
À l’initiative de cette démarche parlementaire se trouve le député provincial Aubin Mukanu Isukama, qui a transmis, ce vendredi 28 novembre, une correspondance officielle au président de l’Assemblée provinciale. Le parlementaire entend obtenir du gouverneur des explications claires sur l’état d’avancement des engagements pris par l’exécutif provincial à mi-mandat.
Selon les termes de la demande, cette interpellation vise à faire la lumière sur plusieurs secteurs clés de la gouvernance urbaine, notamment les infrastructures, l’assainissement, la mobilité, la gestion des finances publiques et les services sociaux de base.
Un double audit en cours
Parallèlement à cette offensive parlementaire, Daniel Bumba est confronté à un double audit institutionnel d’envergure. Le premier est conduit par le ministère de l’Intérieur, sous la supervision du Vice-Premier ministre Jacquemain Shabani. Le second est mené par la Présidence de la République, à travers le directeur de cabinet du Chef de l’État, Anthony Kinzo.
Selon plusieurs sources proches du dossier, ces deux missions d’inspection ont pour objectif d’examiner en profondeur la gestion du Fonds national d’aménagement de Kinshasa (FONAK) ainsi que l’évaluation globale des performances de l’exécutif provincial depuis l’entrée en fonction de l’actuelle équipe dirigeante.
Un contexte politique sous haute tension
Cette accumulation de contrôles intervient dans un contexte politique particulièrement sensible pour l’exécutif provincial, marqué par de fortes attentes de la population kinoise en matière d’infrastructures, de lutte contre les inondations, de voirie urbaine, d’assainissement et de sécurité.
L’interpellation du gouverneur Daniel Bumba à l’Assemblée provinciale pourrait déboucher, selon les procédures parlementaires, sur des recommandations contraignantes, voire des sanctions politiques, en fonction des réponses fournies et des conclusions des audits en cours.
Pour l’heure, l’exécutif provincial n’a pas encore officiellement réagi à cette interpellation ni aux deux audits enclenchés, alors que l’opinion publique attend désormais des clarifications majeures sur la gestion de la ville de Kinshasa à mi-mandat.

