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Ce qu’il faut savoir sur l’Accord RDC–Rwanda

En marge de la préparation de la signature de l’accord de paix entre la République démocratique du Congo et le Rwanda, un briefing conjoint a été animé à Washington par Patrick Muyaya, porte-parole du Gouvernement, et Tina Salama, porte-parole du Président de la République. Les deux officiels ont apporté d’importantes clarifications sur la portée, la […]

En marge de la préparation de la signature de l’accord de paix entre la République démocratique du Congo et le Rwanda, un briefing conjoint a été animé à Washington par Patrick Muyaya, porte-parole du Gouvernement, et Tina Salama, porte-parole du Président de la République. Les deux officiels ont apporté d’importantes clarifications sur la portée, la nature et les garanties de cet accord présenté comme historique pour la stabilité de l’Est congolais.

Selon Patrick Muyaya, la particularité majeure de cet accord réside dans l’implication directe et exceptionnelle des États-Unis d’Amérique, première puissance mondiale. « C’est un accord signé autour de la première puissance mondiale. Le niveau d’engagement du gouvernement américain est exceptionnel. Jamais vu depuis le début de ce processus », a-t-il souligné.

Le porte-parole du Gouvernement a également mis en avant les gestes diplomatiques forts posés par l’administration américaine, notamment la réception à la Maison Blanche de la ministre congolaise des Affaires étrangères et l’implication personnelle du Président américain.

« Le Président américain a prié pour ce dossier. C’est la preuve qu’il porte cette affaire dans son cœur. C’est un élément nouveau », a-t-il déclaré et d’ajouter que « La paix, pour nous, signifie le retrait des troupes rwandaises et la cessation des soutiens aux supplétifs. Nous voulons une paix durable, une paix définitive. »

Face aux rumeurs persistantes, Tina Salama a tenu à dissiper toute ambiguïté autour des ressources naturelles et des espaces stratégiques de la RDC. « Cet accord n’est pas la vente des minerais congolais aux Américains. La souveraineté sur les ressources reste entièrement congolaise. » 

Elle a insisté sur le fait que l’objectif est plutôt la sécurisation des minerais afin d’assécher les sources de financement de la guerre, et non un échange de richesses contre la paix. « Ce n’est pas un protectorat déguisé. Les mécanismes sont conjoints, équilibrés et encadrés juridiquement. » Aucune concession territoriale n’est non plus envisagée, a-t-elle ajouté. « Ce n’est pas un partage des territoires ni des parcs nationaux. Le parc des Virunga reste congolais, sans conditions ni exceptions. »

Les deux personnalités ont rassuré l’opinion sur la nature strictement souveraine de cet accord, tout en soulignant la portée stratégique de l’accompagnement américain dans la recherche d’une paix définitive à l’Est de la RDC. La signature officielle de cet accord est attendue ce jeudi à Washington, en présence du Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.

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