La réunion de Luanda du 9 février 2026 marque un tournant stratégique dans la gestion du conflit opposant la République démocratique du Congo au Rwanda. Autour de la table : quatre figures majeures de la diplomatie africaine, décidées à imposer une désescalade militaire et à réaffirmer la souveraineté congolaise.
Dans leur communiqué, João Lourenço, Félix Tshisekedi, Faure Gnassingbé et Olusegun Obasanjo ne se sont pas limités à un simple appel à la paix. Ils ont explicitement rappelé les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies exigeant le retrait des troupes rwandaises du territoire congolais, confirmant ainsi, sur le plan politique, la thèse de l’implication directe de Kigali dans le conflit.
Ce rappel constitue un message fort adressé à la communauté internationale, mais aussi au Rwanda, de plus en plus isolé diplomatiquement sur la question congolaise. En mettant en avant l’accord de Washington et les résolutions onusiennes, les dirigeants africains cherchent à replacer le dossier dans un cadre juridique contraignant.
Autre décision majeure : le mandat confié à l’Angola pour organiser un dialogue intercongolais. Cette initiative vise à traiter non seulement la dimension régionale du conflit, mais aussi ses causes internes : gouvernance sécuritaire, groupes armés, fractures politiques et sociales.
Derrière l’appel au cessez-le-feu se dessine donc une stratégie plus large : reprendre le contrôle africain sur un conflit longtemps géré par des médiations dispersées et souvent inefficaces. Pour Kinshasa, cette rencontre renforce sa position diplomatique et légitime son discours sur l’agression extérieure.
Reste désormais à savoir si ces engagements se traduiront par des actes concrets sur le terrain, dans une région où les cessez-le-feu passés ont rarement résisté à la réalité des rapports de force militaires.

